Le Labyrinthe

Film de SF de Wes Ball (2014)

« Thomas, un adolescent, se réveille amnésique dans un étrange endroit à ciel ouvert entouré de hauts murs, et où vivent cinquante autres garçons. Ce lieu mystérieux donne accès à un labyrinthe, dont les plans sont modifiés chaque nuit. Quiconque s’y est aventuré n’est jamais reparu, d’autant que des des créatures menaçantes y rôdent. Grâce à quelques bribes de mémoire qui lui reviennent à travers des rêves concernant une organisation secrète appelée W.C.K.D., et à des indices trouvés au sein du labyrinthe, Thomas va tenter de trouver un moyen de s’échapper, avec l’aide de la bande des garçons… »

Suite aux succès des adaptations des romans Young Adult, avec en premier lieu Harry Potter, mais aussi Hunger Games, Divergentes et autres dystopies adulescentes, Hollywood ne cesse de parier sur ce genre de produits pour séduire les foules.

Redoutable d’efficacité, pari remporté haut la main au box office, Le Labyrinthe mérite-t-il ses tours et détours ?

Question originalité, la réponse se contentera d’un non lapidaire. Nous retrouvons une énième croisade d’un groupe de jeunes adultes ou adolescents contre un monde adulte pragmatique, cynique et exploitant sans vergogne les faiblesses humaines pour l’éternelle raison du profit. La nature de ce profit importe peu, s’agissant aussi bien d’argent, d’égo, de puissance ou tout autre « intérêt » dans la nature humaine.

Le spectateur découvrira un univers au bord de la détresse, une nature violée par les hommes, une société en pleine déliquescence avec toujours la même brochette d’individus tirant les marrons du feu (Wicked).

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Bien souvent, l’opposition mis en place est relativement duale, l’espoir et la fraîcheur des uns contre l’expérience et le pragmatisme des autres. Je ne compte pas les deux trois adultes égarés du côté du « bon » camp. Ainsi, rien de nouveau dans ces « Terres Désolées », ni dans la trame ni dans le message terriblement réducteur. D’un autre côté, n’est-ce pas ainsi que nos ados vivent le passage à l’âge adulte?

Aussi, assistons-nous à cette prise initiale de conscience par l’intermédiaire du bel héros courageux, sans peur et (presque) sans reproche, Thomas, qui brandira le flambeau de la révolte contre un avenir oppressant, cherchant une issue désespérément. Et quoi de mieux qu’un Labyrinthe pour incarner ce combat hormonal et existentiel ?

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Mais pourtant, le tout fonctionne franchement bien, et le spectateur se laisse prendre au jeu. Et cela pour trois raisons essentielles.

La première porte sur le choix du metteur en scène, Wes Ball, un habitué du court-métrage. Par conséquent, les techniques employées sur le format court sont particulièrement bénéfiques au film présent. Nous sommes directement projetés dans l’action, au sens visuel du terme car la scène d’ouverture n’est ni plus ni moins que l’éjection de Thomas à travers un puits mystérieux… Pas de mise en place du contexte, pas de présentation de quelques personnages clés. Que Neni! Vous voilà en plein milieu de vous ne savez quoi.

Déjà, cette entrée en matière percute, et atteint son objectif : l’attention du spectateur est scotchée sur l’écran.

Une fois le poisson ferré, il faut du doigté pour ne pas casser la ligne et rentrer bredouille. Là encore, Wes Ball soigne son auditoire en lui donnant un autre axe de curiosité, Thomas et les autres garçons sont amnésiques.

Et ils sont enfermés dans un espace de verdure, au centre d’un immense Labyrinthe. Difficile de ne pas céder à la curiosité et l’envie d’éclaircir ce mystère. Surtout qu’après les confrontations d’usage testostéronées, nous apprenons les dangers de l’aventure,…

Ainsi, avons-nous un film très rythmé, qui a su exploiter parfaitement la scène d’ouverture pour ne jamais relâcher son étreinte. L’action est au rendez-vous, nous courons aux côtés de Thomas et de ses compagnons, nous trépidons d’impatience devant les portes et les bifurcations, nous palpitons à l’unissons des protagonistes.

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A cela, il faut souligner un casting qui fonctionne bien – seule Térésa ne me convainc pas dans son rôle – dont un Dylan O’Brien qui s’investit complétement dans son personnage.

Enfin, l’image est un acteur à part entière dans cette dystopie, jouant à la fois sur les contrastes végétal/matériaux brut, les échelles avec des dimensions contrastées ( le carré de verdure est minuscule au centre du Labyrinthe, les ados sont si petits au pied des murs). Une indication en soi de l’immense tâche à accomplir… En bref, la photographie est parfaitement réussie.

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Ainsi, Le Labyrinthe ne brille pas par son originalité mais possède l’avantage d’offrir une dystopie pour ados franchement réussie.

Fiche du film

  • Titre VO : The Maze Runner
  • Réalisateur : Wes Ball
  • Acteurs : Kaya Scodelario, Will Poulter, Thomas Brodie-Sangster, Aml Ameen, Dylan O’Brien, Ki Hong Lee
  •  Date de sortie : 15 octobre 2014
  •  Durée : 1h54mn

Le film est tiré d’un livre de James Dashner, L’Épreuve.

 

4 commentaires sur “Le Labyrinthe

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  1. Ca se laisse regarder comme film mais pour moi ça s’arrête là, je trouve que c’est un peu toujours la même recette. Ca ne m’a pas empêché de regarder le 2 (et sans doute le 3 à terme) ceci dit xD

    Aimé par 1 personne

  2. Cela fait vingt ans que je dois le regarder, 20 ans que je repousse.
    Et les ados des films ne sont pas réalistes : ils n’ont pas de boutons. Par contre ils ont des têtes à claque !
    Malgré ce que tu en dis, je vais encore me donner un an avant de me décider.

    Aimé par 2 personnes

    1. LOL. C’est un film pour ado! Je crains que ta date péremption soit dépassée – comme la mienne – pour regarder avec plaisir ce film. J’ai des enfants, alors, je n’y coupe pas. 🙂

      J'aime

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