Ça – Le film

Réalisateur: Andrés Muschietti
Sortie: 20 septembre 2017
Scénario : Gary Dauberman, Cary Fukunaga, Chase Palmer, adapté du roman Ça de Stephen King
Acteurs:
Bill Skarsgård : Grippe-Sou le clown dansant, Jaeden Lieberher : William « Bill » Denbrough, Jeremy Ray Taylor : Benjamin « Ben » Hanscom, Sophia Lillis  : Beverly « Bev » Marsh, Finn Wolfhard : Richard « Richie », TozierWyatt Oleff : Stanley « Stan » Uris, Chosen Jacobs : Michael « Mike » Hanlon

Synopsis:  À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »…

Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou …

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Le film est bien entendu tiré du roman du même nom de Stephen King, paru en 1986. Celui-ci avait été adapté en mini série en 1990 mais cette adaptation n’était pas d’un très bon niveau.

Le roman est devenu culte et a marqué toute une génération. C’est un des plus marquants de l’auteur, reflétant le difficile passage à l’âge adulte et les terreurs d’enfance. L’action du roman se déroule sur 2 périodes en 1958, à l’adolescence des héros, et en 1984-85, les héros étant devenus adultes. Le récit est raconté de manière non-linéaire en alternant entre les deux périodes.

Cette nouvelle adaptation a changé la narration en séparant la narration des 2 époques: le premier film raconte l’adolescence des personnages et un second film racontera ce qui arrive aux personnages à l’âge adulte. Le film devrait sortir en 2019. Ce choix de narration convient très bien au cinéma, il aurait été dommage de couper le film à la moitié sans véritable fin. En effet, ce premier film peut se voir seul, même si une suite est prévue, il clôt une période de la vie des protagonistes.

Le film situe son action en 1989 à la place des années 50. C’est une très bonne idée, c’est une époque pas si éloignée que cela pour les spectateurs les plus jeunes et une époque qui parlera sans souci aux un peu plus âgés (c’est l’époque où beaucoup d’ados ont pu lire ce livre). On retrouve tout à fait l’esprit des films de cette époque: E.T. avec les courses poursuites à vélo, Stand by me (tiré de la nouvelle Le corps de Stephen King)  pour l’amitié entre les personnages, Les Goonies pour la bande d’adolescents maltraités. Cet aspect là est une des réussites du film. La reconstitution de l’époque est également bien faites, que ce soit au niveau des décors ou des vêtements, et même de la musique. La ville de Derry est très bien retranscrite également. D’ailleurs, parmi les décors, le manoir pourrait se retrouver dans une histoire tirée de Lovecraft sans problème.

Le film commence en 1988 par la disparition de Georgie, le petit frère de Bill Denbrough. Puis, la suite se passe pendant l’été 1989 avec la présentation des personnages principaux, qui sont tous des adolescents de 13 ans. Il y a très peu d’adultes dans le film, et ceux que l’on voit ont des scènes courtes. Le film s’intéresse avant tout à ses jeunes personnages et aux liens entre eux et l’alchimie entre eux fonctionne très bien. Les héros du film forment le club des ratés, selon les autres élèves. Ils sont 7: 6 garçons et une fille, Beverly. Bill et Beverly sont les personnages les plus développés mais chaque membre du club des ratés a droit à son histoire et a une personnalité qui lui est propre:Ben, moqué pour son poids, passe son temps à lire, Beverly doit faire face à une réputation douteuse et à un père trop proche d’elle, Richard, le rigolo de la bande, Eddie, le malade imaginaire, Mike qui a perdu ses parents et Bill, marqué à vie par la disparition de Georgie.

Chacun est attachant à sa façon et tous ont des parents absents, violents ou ne s’occupant pas d’eux. Comme si leurs drames personnels ne suffisaient pas, ils sont tous à divers degrés les souffre-douleurs de Henri Bowers et de sa bande, ce qui les réunira d’ailleurs. L’horreur dans le film vient presque plus du comportement des humains entre eux et de la violence dont ils sont capables, que ce soient les adolescents entre eux ou les adultes envers leurs enfants. En ceci, le film est fidèle au roman et à l’esprit de Stephen King où le monde des enfants est clairement opposé à celui des adultes qui est sombre et parfois glauque.

Le film est d’ailleurs surtout une histoire sur la difficulté de l’adolescence, du passage de l’enfance à un âge où on est pas encore adulte pour autant, avec toutes les émotions que cela engendre. Les personnages sont obligés de grandir malgré eux et sont confrontés à tellement de choses cet été là et doivent compter sur leurs amitiés pour s’en sortir. L’entraide et l’amitié sont ainsi mises en avant.

Qu’en est il de l’aspect horreur du film? L’entité qui s’en prend aux enfants est appelée « ça » par la bande des ratés. C’est une entité maléfique qui peut changer de forme mais a le plus souvent l’apparence d’un clown. Elle se nourrit de la peur qu’elle crée chez les autres, connait les peurs les plus fortes des enfants et se métamorphose ainsi en ce qui les effraie le plus. Cela donne lieu à quelques scènes horrifiques mais le réalisateur utilise surtout à outrance les effets « bouh » plus communément appelés « jump scare ». Le clown est présent quasiment dès le début du film et on a aucune surprise le concernant, ce qui limite l’effet de la peur de l’inconnu.

Les scènes sont assez bien faites mais ne sortent pas vraiment de l’ordinaire. Cependant, ce n’est pas pour moi l’aspect le plus important du roman et du film. Comme souvent dans les films d’horreurs, les personnages ont tendance à faire des groupes de un et le film n’échappe pas à la règle.

La réalisation est assez banale mais tout de même efficace. Le jeu des acteurs est par contre à signaler, le clown est parfaitement horrifique et les jeunes acteurs sont très convaincants.

Le film traitant de l’adolescence des protagonistes peut se suffire à lui seul, même si on sait qu’il y aura une suite. Je ne suis pas sûre que l’inverse soit vrai et que la suite puisse se voir sans avoir vu le premier chapitre. Ça est surtout un film sur les peurs enfantines et sur les difficultés de l’adolescence et l’amitié, thème cher à Stephen King et qui ressort très bien ici. Si vous cherchez un film d’horreur pur et dur, le film vous décevra mais si vous voulez voir un bon film, fidèle au roman (dans les grandes lignes) et à l’esprit de Stephen King (qui a d’ailleurs beaucoup apprécié le film), vous devriez apprécier.

8 commentaires sur “Ça – Le film

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  1. Je n'avais pas l'intention de lire le livre, mais la critique donne envie de voir le film. Et comme c'est fidèle au roman, d'une pierre deux coups.
    En outre un diptyque « one shot », ça ne se refuse pas.

    Par contre je me pose une question, est ce que le roman parlait des deux périodes ou d'une seule, celle de l'enfance ?

    J'aime

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