Seven sisters

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Film américano-belgo-britannico-français, réalisé par Tommy Wirkola
Genre : Science Fiction
Sortie : 30 Août 2017
Avec : Noomi Rapace, Willem Dafoe, Glenn Close, Marianna Kenzari
Synopsis
En 2043, la Terre est surpeuplée et ses ressources ne suffisent plus à nourrir tout le monde. La mission d’accroître la production est alors confiée aux scientifiques qui mettent au point une nouvelle agriculture transgénique. Malheureusement, cela ne tarde pas à génèrer des effets secondaires sur l’Humanité : les naissances multiples deviennent la norme. Le Bureau d’Allocation des Naissances (Child Allocation Bureau) dirigé par Nicolette Cayman (Glenn Close) prend alors des mesures drastiques et décide d’une politique d’enfant unique. Seul l’aîné(e) est autorisé à rester avec ses parents. Quant à ses frères et sœurs, ils sont immédiatement cryogénisés et seront libérés des années plus tard lorsque les temps seront meilleurs.
C’est dans ce contexte difficile que Terrence Settman (Willem Defoe) se voit confier la garde des septuplées de sa fille Karen, morte récemment en couche. Pour les préserver de la loi, il échafaude un plan. Les petites filles, chacune prénommée d’un jour hebdomadaire et confinées dans l’appartement, ne seront autorisées à sortir qu’une seule fois par semaine pour partager une personnalité unique : celle de leur mère, Karen (Noomi Rapace). Les sept sœurs réussissent à survivre ainsi trente ans mais le stratagème est anéanti lorsque Lundi ne réapparaît pas le soir…
Bande Annonce
Seven Sisters, une dystopie fictive?
Une dystopie représente une évolution possible de notre société, dans un futur proche. De nature pessimiste, elle a essentiellement pour but de mettre en garde son public. Et dès l’introduction du film, le ton est donné : surpopulation, épuisement des ressources, régime totalitaire, répression policière, réduction drastique des libertés individuelles, contrôle des naissances, etc… Et pourtant, la  politique de l’enfant unique est loin d’être une fiction puisqu’elle a déjà été appliquée en Chine de 1979 à 2015. Si le gouvernement n’a pas eu recours à la cryogénie pour gérer les enfants supplémentaires, elle a, en revanche, bien pratiqué les avortements forcés ou la stérilisation. Les enfants cachés par peur de représailles ou « enfants noirs » représenteraient ainsi treize millions d’individus. Aujourd’hui, la baisse drastique de la démographie a été atteinte mais à quel prix ? La Chine doit faire face au vieillissement de la population, au déséquilibre entre les hommes et les femmes et à un faible taux de natalité.
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Un film stéréotypé qui manque d’originalité… 
Pour en revenir à Seven Sisters, son univers futuriste est très minimaliste. En effet, les plans urbains reprennent les codes inhérents à la dystopie, sans rien développer de nouveau. La ville apparaît comme déchue, sombre, sale, surpeuplée, dangereuse et laisse présager un avenir pessimiste dans lequel l’Homme n’aurait pas réussi à maintenir le niveau de développement du début du XXIème siècle. Or, cette vision n’est pas inconnue et des villes comme Detroit vivent actuellement ce genre de déclin, depuis la Crise de 2008.
En ce qui concerne les technologies, on aurait pu s’attendre à des avancées significatives en cinquante ans. Par exemple, les technologies biométriques sont devenues la norme en 2073 mais elles possèdent toutes un goût de déjà-vu : les armes avec détecteur d’empreintes intégré, les accès débloqués par reconnaissance oculaire, la cryogénie ou les écrans virtuels ont déjà été représentés dans d’autres films de Science-Fiction comme Demolition Man ou Minority Report. Or si ces technologies, dans les années 80-90, étaient encore fictives et pouvaient faire rêver, aujourd’hui, elles appartiennent au champ des possibles.
Enfin, les personnages manquent de profondeur. Au passage, il est nécessaire de saluer la performance époustouflante de Noomi Rapace qui par son jeu et son changement d’apparence parvient à faire exister les septuplées aux yeux du spectateur. Mais, là encore, pour les différencier, il a fallu leur attribuer un trait de caractère bien spécifique ce qui accentue les stéréotypes : ainsi coexistent la chef de meute (Lundi), la stressée (Mardi), la sportive (Mercredi), l’indépendante (Jeudi), la geek intello (Vendredi), la féminine (Samedi) et la dévergondée (Dimanche). En ce qui concerne les personnages secondaires, ils ne semblent pas assez fouillés : si les prestations des guest stars Glenn Close et Willem Dafoe sont impeccables, en revanche, leur personnage manque de subtilité et de profondeur. Nicolette Clayman est très manichéenne et pas assez nuancée, Terrence Settman n’est présent dans l’introduction que pour disparaître pour de bon à partir de la seconde partie, remplacé par Adrian Knowles, parachuté comme un cheveu sur la soupe pour servir uniquement l’intrigue.
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 … mais efficace 
Aussitôt que le spectateur a passé la première demi-heure d’introduction et la mise en place des principaux rouages de l’intrigue, il est immédiatement plongé au cœur de l’action. Sans aucun temps mort, le scénario alterne allègrement scènes d’action, rebondissements et séquences émouvantes dans une course-poursuite effrénée. La musique de Christian Wibe s’intègre d’ailleurs plutôt bien et accompagne agréablement chaque scène.
Dans cette seconde partie, le spectateur s’attache immédiatement aux sept sœurs et éprouve à leur égard une certaine empathie. Plus d’une fois coincées dans des situations délicates, il n’est pas rare de ressentir quelques sueurs froides à leur place. Attention d’ailleurs, certaines scènes sont très violentes et peuvent heurter la sensibilité de quelque uns.
Un autre reproche serait la présence de quelques incohérences scénaristiques : par exemple, lorsque les agents du CAB poursuivent Mercredi dans la ville, pourquoi ne détachent-ils pas une escouade de quelques hommes pour intercepter Jeudi, Vendredi et Dimanche, restées dans l’appartement ? Ne leur laissent-ils pas l’opportunité d’aider leur sœur en danger tout en leur laissant la possibilité de réorganiser leur défense ?
Enfin, en ce qui concerne la troisième partie, le dénouement est certes un peu téléphoné, notamment pour les amateurs de films SF, mais force est de reconnaître que le twist final se révèle totalement inattendu.
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En conclusion, si Seven Sisters est un film de Science-Fiction peu original, il se laisse suivre sans difficulté : divertissant, efficace et plein de rebondissements. 

3 commentaires sur “Seven sisters

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